Outil pour les collectivités

Comparateur d'accidentalité communale

Comparez plusieurs communes sur les accidents corporels, les tués, les hospitalisés et les taux rapportés à la population, en distinguant ce qui relève de la voirie communale de ce qui relève du trafic de transit. Conçu pour alimenter un dossier d'audit de sécurité routière — démarche « Ville prudente », diagnostic préalable à un aménagement, bilan de mandat. Données BAAC 2005–2024, exportables en CSV.

accident-route.fr — Comparateur d'accidentalité communale. Source : fichier BAAC, ONISR / data.gouv.fr, Licence Ouverte 2.0. Couverture 2005–2024. Extrait le 06/09/2026.

1. Choisir les communes

Ajoute des communes dont la population est comprise entre la moitié et le double de celle de la première commune sélectionnée, cherchées d'abord dans son département, puis dans sa région, puis dans toute la France si besoin — la portée effectivement utilisée est indiquée. Un panel composé à la main reste évidemment possible : c'est simplement un point de départ que personne ne pourra soupçonner d'avoir été choisi pour arranger le résultat.

2. Cadrer l'analyse

Périmètre
Période
Année charnière de l'évolution
Export

Aucune commune sélectionnée Ajoutez au moins une commune pour afficher la comparaison.

Méthodologie

Ces chiffres ont vocation à être versés à un dossier et donc à être discutés. Cette section décrit exactement ce qui est compté, comment, et ce que les données ne permettent pas de dire.

Source et couverture

Fichier BAAC — bases de données annuelles des accidents corporels de la circulation routière, produites par l'ONISR et publiées sur data.gouv.fr sous Licence Ouverte 2.0. Millésimes 2005 à 2024, soit 20 années et 1 286 097 accidents corporels. Un accident n'entre dans le BAAC que s'il réunit trois conditions : survenir sur une voie ouverte à la circulation publique, impliquer au moins un véhicule, et faire au moins une victime nécessitant des soins. Les accidents matériels seuls en sont donc absents, ainsi que les accidents non portés à la connaissance des forces de l'ordre.

Définitions retenues

Accident corporel
Un événement, quel que soit le nombre de véhicules ou de victimes impliqués.
Tué
Personne décédée sur le coup ou dans les trente jours qui suivent l'accident (définition internationale appliquée au BAAC).
Hospitalisé
Blessé admis comme patient dans un hôpital plus de vingt-quatre heures.
Blessé léger
Blessé ayant reçu des soins sans hospitalisation de plus de vingt-quatre heures.
Victime piétonne
Usager enregistré comme piéton et blessé ou tué. Les piétons indemnes ne sont pas comptés.
Cycliste, usager de deux-roues motorisé, usager d'EDP
Conducteur ou passager blessé ou tué, rattaché au véhicule qu'il occupait au moment de l'accident : bicyclette ou vélo à assistance électrique ; cyclomoteur, scooter ou motocyclette toutes cylindrées ; engin de déplacement personnel (trottinette, gyropode…), motorisé ou non. Le rattachement se fait par le numéro de véhicule que le BAAC attribue à chaque usager.

Les quatre colonnes par mode comptent des victimes, sur la même base. Piétons, cyclistes, deux-roues motorisés et EDP sont tous rapportés à l'ensemble des victimes corporelles du périmètre : leurs parts se lisent côte à côte et s'additionnent (le reste étant essentiellement les occupants de voitures et de poids lourds). Le nombre de tués de chaque mode apparaît au survol. Le CSV ajoute, à titre complémentaire, le nombre d'accidents impliquant un vélo ou un deux-roues motorisé — une notion différente, un tel accident pouvant n'avoir blessé qu'un automobiliste.

Les engins de déplacement personnel n'ont un code propre dans le BAAC que depuis 2019. Sur une période qui commence avant, la colonne EDP ne couvre que les années à partir de 2019, et une apparition à cette date est un effet de nomenclature, pas un phénomène routier.

Les trois périmètres

C'est le choix le plus structurant de l'outil. Les accidents sont ventilés selon la localisation en agglomération et la catégorie de route renseignées dans le BAAC :

Voirie communale en agglomération
Accidents survenus en agglomération sur une voie communale. C'est le périmètre sur lequel la commune est à la fois gestionnaire de la voirie et détentrice du pouvoir de police de la circulation.
Ensemble de l'agglomération
Tous les accidents survenus en agglomération, y compris sur les sections de routes départementales ou nationales en traversée de bourg. La commune y exerce son pouvoir de police sans être gestionnaire de la voirie.
Ensemble du territoire communal
Tous les accidents localisés sur la commune, autoroutes et rase campagne comprises. Utile pour le volume global, trompeur pour juger de l'action municipale.

Le périmètre « voirie communale en agglomération » est proposé par défaut parce qu'il est le seul à isoler ce sur quoi la commune agit réellement. Une commune traversée par une autoroute ou une route nationale affiche des chiffres bruts élevés qui ne disent rien de sa politique de sécurité routière : le bloc « Répartition du territoire » permet précisément d'objectiver cette part de transit.

Strates de population

Les moyennes de référence sont calculées par strate, au niveau national et au niveau du département de chaque commune comparée. Une commune n'est ainsi jamais comparée qu'à des communes de taille voisine. Strates utilisées :

  • Moins de 500 hab.
  • De 500 à 1 999 hab.
  • De 2 000 à 4 999 hab.
  • De 5 000 à 19 999 hab.
  • De 20 000 à 49 999 hab.
  • 50 000 hab. et plus

La strate sert aux moyennes de référence. Elle ne suffit en revanche pas à désigner des comparants : la dernière strate n'a pas de plafond, et une commune de 60 000 habitants y voisine avec Paris. Les communes proposées par le bouton « compléter » sont donc celles dont la population est comprise entre la moitié et le double de celle de la commune de référence, cherchées d'abord dans son département, puis dans sa région, puis dans toute la France — beaucoup de départements ne comptent qu'une seule commune dans les strates hautes. La portée effectivement utilisée est affichée, car un panel national ne s'interprète pas comme un panel départemental : les communes y sont proches en taille, pas en contexte territorial.

Calcul des taux

Tous les taux sont annualisés : le total de la période est divisé par le nombre d'années retenues, puis rapporté à la population. Un cumul sur vingt ans divisé par la population d'une seule année ne serait pas interprétable.

  • Accidents et hospitalisés : pour 1 000 habitants et par an.
  • Tués : pour 100 000 habitants et par an — sur une commune de 2 000 habitants, un taux de mortalité pour 1 000 n'afficherait que de la fausse précision.
  • Part des victimes piétonnes : piétons blessés ou tués rapportés à l'ensemble des victimes corporelles du périmètre.

Le dénominateur est la population municipale la plus récente dont dispose le site, appliquée uniformément à toutes les années de la période. Sur une commune dont la population a fortement varié depuis 2005, les taux des premières années sont donc approximatifs.

Évolution

Deux sous-périodes sont comparées sur leur moyenne annuelle d'accidents. Par défaut, la période sélectionnée est coupée en deux moitiés égales. L'agent peut à la place fixer une année charnière — l'année d'un aménagement, d'un passage à 30 km/h, d'un plan vélo : la première sous-période court du début de la période à l'année précédente, la seconde de l'année charnière à la fin. Chaque sous-période doit compter au moins deux années, sans quoi rien n'est calculé : comparer une année isolée à une autre, c'est comparer du bruit. La variation est grisée lorsque la première sous-période compte moins de dix accidents.

Sous la variation de la commune figure celle de la moyenne nationale de sa strate, mesurée sur la même coupure, et l'écart entre les deux. C'est cet écart qui est imputable au local : sur 2005–2024, l'accidentalité recule partout en France, et une baisse de 20 % ne dit rien tant qu'on ignore que la strate a baissé de 25 %. La variation du nombre de victimes est donnée au survol.

Limites — à lire avant d'utiliser ces chiffres

  • Lieu de survenue, pas lieu de résidence. Un accident est rattaché à la commune où il s'est produit, jamais au domicile des personnes impliquées.
  • Aucune mesure d'exposition au risque. Le BAAC ne contient pas de données de trafic. Une commune très fréquentée et une commune peu circulée sont rapportées à leur population, pas au nombre de véhicules qui y circulent : c'est la limite principale de tout taux pour 1 000 habitants.
  • Petits effectifs. 52 % des communes françaises comptent moins de 500 habitants et 66 % moins de dix accidents en vingt ans. Les lignes concernées sont signalées : sur de tels effectifs, un écart du simple au double n'est pas statistiquement significatif.
  • La catégorie de route est déclarative. Elle est saisie par les forces de l'ordre au moment du constat, et la frontière entre voie communale et route départementale en traversée d'agglomération n'est pas toujours renseignée de la même manière d'un service à l'autre. Une part communale anormalement basse peut traduire une pratique de saisie plutôt qu'une réalité de voirie : le bloc « Répartition du territoire » permet de le repérer, et le périmètre « ensemble de l'agglomération » de s'en affranchir.
  • Références départementales. Elles ne sont affichées qu'à partir de trois communes dans la strate. En deçà, la « moyenne » reproduirait pour l'essentiel les chiffres de la commune analysée et donnerait l'illusion d'une confirmation extérieure.
  • Communes non rattachées. Un résidu d'accidents — moins de 0,3 % — porte un code commune qu'aucun mouvement INSEE ne permet de raccorder à une commune actuelle. Ils comptent dans les totaux départementaux et nationaux, mais dans aucune commune.
  • Usagers vulnérables et exposition. Une part élevée de cyclistes parmi les victimes peut signaler un danger comme une pratique développée : une commune où l'on circule beaucoup à vélo comptera mécaniquement plus de cyclistes accidentés. Faute de données de trafic, ces colonnes décrivent une composition de l'accidentalité, pas un niveau de risque par usager ni par kilomètre parcouru.
  • Communes fusionnées. Les accidents survenus dans une commune aujourd'hui fusionnée sont rattachés à la commune actuelle, en suivant les mouvements de communes publiés par l'INSEE. Une commune nouvelle hérite donc de l'historique de toutes ses composantes, y compris pour les années où elles étaient distinctes.
  • Évolutions de la nomenclature. Le format du BAAC a changé plusieurs fois entre 2005 et 2024. Les comparaisons portant sur des années très éloignées demandent de la prudence.
  • Aucune imputation de responsabilité. Ces données décrivent des lieux d'accidents. Elles ne disent rien de la responsabilité des usagers, ni de celle du gestionnaire de voirie.

Ce que le comparateur ne remplace pas

Un diagnostic de sécurité routière s'appuie sur une analyse des lieux, les procès-verbaux, les comptages de trafic et les observations de terrain. Le comparateur situe une commune par rapport à des communes semblables et objective une tendance : il constitue un point de départ chiffré, pas une conclusion.

Évolutions des données

Les corrections apportées aux données et les évolutions de l'outil sont consignées, datées et expliquées dans le journal des mises à jour. Un export CSV porte sa date d'extraction : il suffit de la comparer à ce journal pour savoir si des chiffres ont pu changer depuis.

Reproductibilité

Les indicateurs sont pré-calculés à partir des fichiers BAAC bruts, sans retraitement autre que le rattachement des accidents à leur commune INSEE et la ventilation par agglomération et catégorie de route. Le CSV exporté contient les valeurs affichées, le périmètre, la période et la date d'extraction, de sorte qu'un tiers puisse reproduire ou contester le calcul.